La liberté d’informer est une infraction

Publié le par Edwige Després

La loi Macron emprisonne l‘accès à l’information et au droit d’y parvenir. Avec le soutien d’une mobilisation de force, les journalistes parviennent à défendre les principes indispensables à l’exercice de leur métier. 

 

Les journalistes pourraient bien voir leur profession se réduire à la rédaction de communiqués de presse. C’est pourtant en mettant les moyens dans leur travail d’enquêtes que ceux-la même et les lanceurs d’alerte, ont permis de révéler des délits économiques et des scandales politiques.

Les journalistes et leurs sources sont susceptibles de se rendre coupables de violation du « secret des affaires » en dévoilant des montages compromettants.

Même si le texte n’érige pas un secret absolu, il porte atteinte à la liberté d’informer. Rien dans ce texte ne précise clairement que les journalistes et leurs sources ne pourront être poursuivis au pénal ou au civil.

La justice pourra empêcher la publication d'une enquête. C’est au juge qu’il appartiendra d’apprécier la classification des enquêtes à publier. cette disposition permet aux entreprises d’être les seules autorisées à définir ce qu’est le « secret des affaires », à poursuivre de manière préventive les journalistes et à saisir le juge pour éventuellement, empêcher la publication d’une enquête. 

C’est le manque de précision juridique qui permettra aux entreprises de mettre des bâtons dans les roues des journalistes et de leurs sources qui ont enquêté sur elles.

Les sociétés, pour se protéger, pourront faire valoir leur pouvoir de censure, rendant impossible aux journalistes de sortir des affaires au grand jour.

Cette disposition tend à intimider, car s’ils dévoilent une information sensible sans autorisation du juge et de l'entreprise ciblée, ils encourent une peine de prison de 3 ans et 375 000 euros d’amende.

 

Le gouvernement se voile la face, quand la justice a la mémoire courte. De nombreuses investigations journalistiques se sont révélées être une source précieuse pour les enquêteurs de la police judiciaire. Récemment, on se souvient d’Anna Erelle qui s’est fait passer pour une jeune fille désireuse de rejoindre l’État Islamique, son enquête avait permis l’arrestation d’un couple faisant de la propagande djihadiste. 

Pour faire face à cet amendement qui va à l’encontre de tous les principes de la liberté d’expression, les journalistes ont signé une tribune dans le Monde. Ils se sont mobilisés et élevés contre un amendement de la loi Macron. Entrainant avec eux des rédactions, des écoles de journalisme, les agences de presse, les sociétés de production mais aussi ONG, syndicats SNJ et CGT, l’association Transparency International et les citoyens. Tous ont soutenu une profession menacée d’être muselée. 

 

Richard Ferrand (PS), rapporteur général du projet de loi Macron, a exprimé le vendredi 30 janvier à l’AFP, qu’à la demande du gouvernement, les socialistes ont renoncé au texte. Le Syndicat national des journalistes et la CGT évoquent l’urgence de mettre en place un texte de loi qui garantit la protection des sources des journalistes.

 

Edwige Despres

 

 

 

 

 

Publié dans Société

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